Bâtir le cinquième risque #6 – Les mesures clés annoncées par le gouvernement

Annoncée courant 2020, une proposition de projet de loi sur le risque dépendance a l’ambition de compléter l’Etat providence d’un volet de prise en charge du Grand Age.

 

A cette occasion, OpusLine lance une série d’articles pour comprendre les enjeux de ce secteur pour les opérateurs d’assurance et se préparer aux défis et opportunités qui vont naître de cette loi !

« La perte d’autonomie n’est pas une fatalité. Elle n’est pas liée à l’âge mais à la maladie. Aujourd’hui, sur 10 personnes qui décèdent en France, 4 ont connu la perte d’autonomie dont 2 de façon sévère. Demain, grâce à la prévention, la perte d’autonomie doit devenir l’exception. Notre stratégie, c’est donc que chacun acquière au plus tôt des réflexes de prévention ». C’est sur ces mots qu’Agnès Buzyn, Ministre des solidarités et de la santé, débutait sa conférence de presse pour présenter la stratégie globale pour prévenir la perte d’autonomie.

 

 

En matière de prévention d’abord : 

  • En 2020 et 2021, une campagne de communication pour mobiliser le 100% santé sera déployée. Elle se focalisera notamment sur l’audio et l’optique avec comme enjeu l’accès aux lunettes et aux prothèses auditives pour tous.
  • Dans le cadre de la facilitation de l’accès à une activité physique adaptée, les 138 premières maisons sport-santé viennent d’être dévoilées. Leur objectif est d’allier examens médicaux et pratiques sportives pour combattre certaines maladies. Ce service s’adresse donc notamment aux personnes âgées en leur donnant la possibilité de pratiquer une activité physique adaptée, sécurisée et encadrée par des personnels formés.

 

 

En matière de diagnostic et de dépistage, ensuite  :

  • La mise en service par Santé publique France d’une application “avancer en âge en bonne santé” est prévue pour fin 2020. Elle permettra d’auto-évaluer ses besoins et d’accéder à un accompagnement personnalisé afin d’adopter des comportements de vie sains. Prioritairement destinée aux personnes dont l’âge se situe entre 40 et 45 ans, le but est de développer la prévention des maladies chroniques et troubles cognitifs aussi tôt que possible.
  • Si la prévention doit intervenir le plus tôt possible, elle doit également être renforcée au moment du passage à la retraite car c’est un moment de bouleversement des habitudes. C’est dans cette optique qu’a été lancée en janvier 2020 la généralisation progressive d’un rendez-vous prévention pour les jeunes retraités. Ce rendez-vous concernera en priorité les personnes en situation socio-économique précaire, et visera l’adoption de comportements de vie sains afin d’assurer l’autonomie autant que faire se peut. Si cela est pertinent, une orientation vers des organismes spécialisés (adaptation du logement, bilan sensoriel, action collective de prévention, …) pourra avoir lieu.
  • Doit être lancé en 2020, dans un premier temps dans des territoires expérimentateurs, un vaste programme de dépistage des fragilités des personnes âgées suivant la démarche ICOPE, conçue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les données récoltées dans le cadre de ce programme, par un professionnel de l’aide et avec une application numérique en support, permettront l’élaboration d’une feuille de route, validée par le médecin et adaptée à la perte des capacités de la personne âgée (prescription d’activités physiques adaptées, actions prévenant la dénutrition, …).

 

Dans une logique de suivi et d’amélioration des parcours ville-hôpital

  • Un investissement important (175M€) a également été annoncé pour améliorer le parcours des personnes âgées dépendantes à l’hôpital. L’objectif est d’atteindre “zéro passage par les urgences” pour les personnes âgées dépendantes d’ici 5 ans. Pour cela, il est prévu de développer le dialogue entre les médecins de ville et les hôpitaux afin de décider et d’organiser l’accueil directement dans les services de soins. En complément, des mesures sont également prises pour favoriser la prise en charge médicale au sein des EHPAD et des équipes mobiles de gériatrie seront créées.

 

Pour valoriser ces actions auprès de l’ensemble des professionnels entourant les parcours de soins, certaines tarifications ont été revues :

  • Les bilans partagés de médication sont également un moyen de mieux accompagner les personnes âgées, et ils seront dès 2020 proposés à tous les patients de plus de 65 ans, ainsi qu’aux résidents en EHPAD à titre expérimental. Ces bilans s’établissent entre des patients âgés qui se voient administrer de nombreux médicaments simultanément et leurs pharmaciens, et ont pour but de mieux contrôler leur consommation médicamenteuse.
  • Une réforme de la tarification de l’activité des infirmiers libéraux a déjà été commencée pour favoriser l’accompagnement des personnes âgées. Cette tarification vient valoriser le suivi de la prise en charge, les actions de coordination et de concertation nécessaires.
  • A partir de 2021, les systèmes de tarification des services d’urgences des établissements de santé prendront en considération les bonnes pratiques visant à favoriser la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées dépendantes.
  • Des actions de prévention seront instaurées dans les EHPADs et financées à hauteur de 15M€ par an. Ces actions seront définies et pilotées par les ARS.

Nous le voyons à travers ces mesures, la prévention des risques nécessite la mobilisation de nombreux acteurs.

Pour s’intégrer dans ces actions ou les intégrer dans les parcours qu’ils souhaitent développer, les organismes complémentaires ont une fenêtre de tir pour se préparer, en amont de la sortie de la proposition de projet de loi et prendre une place de choix non seulement auprès des seniors mais également plus largement sur le sujet de la prévention.

 

OpusLine s’engage pour accompagner les acteurs de l’assurance, dès maintenant, pour :

1 – Comprendre

  • Définition du cadre réglementaire, organisationnel et opérationnel
  • Partage des enjeux et des défis

2 – Identifier les espaces d’intervention possibles pour les acteurs privés en individuel et en collectif (sur un chantier avant tout institutionnel)

  • Analyse du marché à équiper
  • Lien avec les autres risques
  • Réflexion plus globale sur les parcours et l’expérience client

3 – Evaluer et exploiter le potentiel de la Silver Economy, plus globalement

  • Mapping des acteurs
  • Identification d’opportunités d’investissement
  • Aide à l’élaboration des business models
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