NEWSLETTER OPUSDATA #6 – MAI 2021

LES CHIFFRES OPEN DATA 

En France, comme dans d’autres pays, des institutions du domaine de la santé mettent à disposition des données en « open data », libres de droit, exploitables et réutilisables par tous. OpusLine vous partage une analyse issue de ces bases de données pour illustrer l’évolution de la consommation médicamenteuse. 

 

Les bases de données utilisées sont Medic’AM et OpenPrescribing. Elles regroupent des informations mensuelles détaillées sur les médicaments remboursés par l’ensemble des régimes d’assurance maladie, en France entière et par le NHS en Angleterre.Dans cette newsletter, OpusLine vous partage une analyse issue de tables de coûts de l’Assurance Maladie française (CNAM) et du National Health Service (NHS) britannique afin d’illustrer une comparaison binationale de quatre catégories de médicaments délivrés en officine au cours des années 2018 à 2020 en France et en Angleterre :
– Les médicaments contre le diabète
– Les analgésiques
– Les antidépresseurs
– Les médicaments antiagrégants

Les données ont été ajustées sur la taille des populations des pays et les coûts anglais ont été convertis en euro sur une base d’un euro pour 1,15 English pounds.

Les données de consommation illustrent un accroissement global des dépenses dans les 2 pays, lié à une augmentation structurelle des volumes de consommation, les coûts unitaires étant globalement restés stables sur les trois dernières années, en France comme en Angleterre. Quelques particularités à noter :

1. Un net accroissement des dépenses pour les antidépresseurs plus net en Angleterre qu’en France entre 2019 et 2020 ayant pour causes :

  • Une forte hausse des volumes pris en charge : 11% en Angleterre contre 18% en France (entre mars 2019 et mars 2020)
  • Conjuguée à une augmentation massive du prix des antidépresseurs en Angleterre début 2020 (multiplié par 2 environ entre mars 2019 et mars 2020), permise par l’absence de contrôle direct sur les prix par la NHS.

2. Une augmentation dans les deux pays des montants pris en charge pour les antidiabétiques et les antiagrégants à la fois :

  • Structurelle, causée en France comme en Angleterre par le vieillissement de la population et l’accroissement des indicateurs épidémiologiques liés à l’obésité.
  • Plus forte en France, causée par une importante progression des nouvelles molécules utilisées dans le traitement du diabète de type 2 et certains AOD, plus coûteuses.

3. Les montants dépensés en analgésiques sont stables en Angleterre alors qu’ils augmentent en France, cette stabilité pouvant être le signe d’un report de l’achat en pharmacies vers le libre service ou internet, légal en Angleterre, y compris pour certains opioïdes.

OpenPrescribing : https://openprescribing.net/bnf/
Medic’AM : http://open-data-assurance-maladie.ameli.fr/medicaments/index.php

 

FOCUS

PUBLICATION RWE

 

De nouveaux rapports sont régulièrement produits sur le cadre d’utilisation des données en vie réelle : description de nouvelles bases de données, nouvelles modalités d’accès aux données ou travaux réalisés par des autorités de santé sur ce thème. OpusLine vous partage dans cette newsletter un rapport publié récemment sur cette thématique.

« Notre pays a besoin de plus d’ouverture – sous toutes ses formes : ouverture des données publiques [open data], mais aussi partage et accès sécurisé aux données sensibles » affirme le rapport Bothorel sur la politique publique de la donnée, des algorithmes et des codes sources, publié le 23 décembre 2020.
L’exploitation et la diffusion des données représentent en effet un enjeu majeur à plusieurs niveaux :

 

 

Le rapport présente notamment un cas d’usage utilisant des données et modèles épidémiologiques dans le cadre de la gestion de la crise de la Covid-19.

La publication de données et de modèles épidémiologiques représente un enjeu majeur. Elle permet tout à la fois d’éclairer la décision publique et d’alimenter le débat public en renforçant la transparence vis-à-vis des citoyens.
Plusieurs initiatives citoyennes telles que OpenCOVID et CovidTracker ont permis d’améliorer l’accessibilité et la lisibilité des données et ont pu favoriser le dialogue entre les citoyens et les institutions publiques :

Toutefois et malgré le développement de diverses initiatives, la gestion de la crise sanitaire a mis en avant une défaillance structurelle dans la collecte et la diffusion des données de santé et des modèles épidémiologiques. A titre d’exemple, les systèmes d’information des établissements de soins sont très divers et difficilement interopérables. De ce fait, les données épidémiologiques ont parfois été transmises avec retard et imprécision. 

Un Système d’Information commun, Voozanoo, a été mis en place par Santé Publique France pour limiter les remontées parallèles des données et automatiser la transmission. Un travail de fond reste cependant à fournir par les pouvoirs publics afin de bâtir un dispositif d’open data, favorisant l’ouverture et la transmission des données de santé.

Source : https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/document/document/2020/12/rapport_-_pour_une_politique_publique_de_la_donnee_-_23.12.2020_.pdf

 

OPUSLINE ET LES

DONNEES DE SANTE DANS LA VIE REELLE

In Open Health Data we Trust

Dans le cadre de l’évènement Explor IA organisé par Impact AI, autour de la problématique des données de santé, nous avons participé à une table ronde sur le thème « In Open Health Data we Trust » le 25 Mars dernier.

– Comment l’open-data peut-elle contribuer à transformer nos systèmes de santé et créer plus de confiance?
– Comment s’assurer d’un usage éthique et responsable de l’IA dans ce cadre?

Dans le domaine de la santé, les opportunités de l’open data sont nombreuses. Notre directrice executive Joelle Bouet a souligné le besoin d’exploiter la grande quantité de données déjà accessible pour mieux piloter la santé de proximité dans les territoires.

 

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